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Internet, ça va vite... Ou pas assez, c'est selon. C'est ainsi que les éditions Dargaud ont décidé de faire parvenir un message à l'attention des rédactions web - mais également des blogueurs - pour demander une participation à l'effort de référencement du site internet, et plus encore, de ses fiches-produits.
Demande légitime ? Difficile à dire. Nous avons eu l'occasion dans un long article de faire le détail de cette demande. Reprenons simplement les premières lignes de leur courrier :
« Pour chaque article que vous souhaiterez publier, nous vous demanderons de faire au minimum un lien vers notre site internet dans le corps de votre texte, en utilisant le tableau ci-dessus (qui vous sera transmis chaque mois avec les URL correspondants aux nouveautés). Chaque page que nous vous proposons est liée à une ou plusieurs ancres de liens (mots cliquables). Ces ancres de liens doivent servir pour rediriger vers les pages en question. »
Une seconde communication est intervenue, une heure plus tard, et après que nous avons signalé à l'éditeur que leur message risquait d'être - particulièrement - mal perçu. Or, la seconde approche enfonçait un peu le clou :
Ce n'est naturellement pas le cas, nous essayons simplement d'optimiser les liens qui nous sont faits dans les articles qui relaient nos albums (dans le cas où vous faites des liens vers le site de l'éditeur).
Nous avons constaté en effet que bien souvent des liens apparaissent dans les articles chroniquant nos albums mais :
- ceux-ci renvoient parfois sur la page d'accueil de Dargaud et non l'album chroniqué,
- parfois le mot cliquable n'est pas le nom de l'album mais le mot Dargaud,
- ou encore les liens sont insérés du type « http:// » et non en ancre de lien.
Ces trois pratiques n'étant pas optimum pour notre référencement, nous souhaitons simplement qu'à l'avenir, si vous mettez un lien vers le site de l'éditeur (que celui-ci soit dans une « fiche technique » ou dans le corps de l'article), ce lien soit une ancre de lien, sur le titre de l'album, renvoyant vers la fiche de l'album. (nous pourrons vous fournir les urls pour toutes les nouveautés du mois à venir).
Nous ne nous étions pas vraiment « émus » de cette communication : le message était non seulement saugrenu, mais surtout déplacé. (voir notre actualitté) On soulignera tout de même, et sans malice la phrase : « Ces trois pratiques n'étant pas optimum pour notre référencement », qui en dit long...
Internautes, je vous ai compris !
Or, preuve, manifestement, que le courriel de Dargaud avait de quoi interroger, c'est une troisième communication qui intervient, depuis leur page Facebook, pour pointer notre article - sans lien permettant d'en prendre connaissance, on s'en amusera pour l'occasion. L'éditeur argue donc que leur courrier visait avant tout à éclaircir des problèmes techniques. C'est probablement mal connaître les blogueurs qui maîtrisent amplement leur plateforme de publication, ou plus encore, les rédactions, qui ont des consignes concernant les liens renvoyant vers la page des oeuvres de maisons.

La demande était « un peu technique », souligne l'éditeur, qui souhaitait donc simplement accompagner les « journalistes et blogueurs web qui font des liens ou souhaitent en faire vers le site Dargaud », en leur donnant les meilleures recommandations possibles, pour favoriser leur référencement.
Il faut savoir que le référencement, sur la toile, reste le maître-mot. Et que certains dépensent des fortunes en Search Engine Optimisation, ou SEO, pour avoir des résultats de recherches plus favorables. La première étape, pour Dargaud, est donc de passer par les articles publiés sur leurs oeuvres, pour améliorer leur référencement à coût zéro.
De la substantielle économie opérée
L'autre point, nous l'avons soulevé, c'est que l'introduction de liens vers des fiches produites relève d'ordinaire d'accords commerciaux. On parle souvent de liens sponsorisés, et autres variantes. Ce que Dargaud omet gentiment de dire, c'est qu'au cours de notre conversation téléphonique, notre interlocuteur nous expliquait : « Plutôt que de mettre un lien vers Amazon, dont les fiches n'ont pas toutes les informations nécessaires, un lien vers notre fiche produit est plus intéressant. »
Oui, peut-être, mais Amazon paye pour ce service - même s'il paye mal, et que, plus généralement, cela s'apparente aux différents systèmes d'affiliation, qui permettent une rémunération sur les ventes générées depuis un lien, même si ces systèmes sont souvent assez peu lucratifs.
L'éditeur assure également avoir « parfaitement compris », la position de journalistes qui ont expliqué que « l'intégration de liens externes ne faisait pas partie de leur politique éditoriale ». Et que, dont acte, il n'était pas question d'exiger quoi que ce soit de leur part. C'est heureux...
Il n'en demeure pas moins que demander aux uns et aux autres d'assurer le référencement des produits par des liens ajoutés, et minutieusement ajoutés, sur des mots-clefs, pour optimiser plus encore le référencement, reste passablement indélicat. Et communiquer massivement, plutôt qu'au cas par cas, en fonction des personnes qui insèrent ces liens dans leurs articles ou leur billet, ne pouvait que déboucher sur une réaction, pour dire le moins, de vif étonnement...
Pour le reste, les efforts réalisés par l'éditeur n'ont absolument pas été niés dans notre précédent article.
Mais il serait plus intéressant que l'on nous réponde sur ces questions d'optimisation gratuite, voire de publicité gratuite réalisée par les blogs et les sites, plutôt que de détourner les propos de l'article que nous avons publié...
Les enfants étaient à l'honneur lors de la conférence Tools of Change qui s'achève aujourd'hui. Cette conférence aborde les différentes manières d'adapter le monde de l'édition aux problématiques futures. Et la session What Works Well Where? Considering Books for Children in Different Formats s'est attachée plus spécifiquement à souligner la nécessaire coexistence entre le format numérique et l'imprimé.
« Ce n'est pas une question de choix entre l'un ou l'autre » explique Junko Yokota, directeur du Center for Teaching Through Children's Books, mais l'important est de savoir quel format correspond à quel livre. Pour appuyer son opinion, elle multiplie les exemples en citant des récentes sorties numériques. The Cat in the Hat est pour lui le prototype parfait de la réussite d'un livre numérique, l'application d'Oceanhouse Media propose un livre superbe dont la narration est de qualité.
Bientôt numérisé ?
Mais il s'agit là d'un certain type de livre. Un livre disponible à partir d'une application et créé seulement dans l'optique d'une utilisation numérique. Junko Yokota effectue une distinction entre ces livres bien spécifiques au numérique et ceux adaptés du papier. « Les livres ajustés pour devenir des applications sont à manipuler avec précautions, explique-t-elle. The Tale of Peter Rabbit en est le parfait exemple ». Bien que l'application ait été primée à sa sortie, elle n'est pas selon Yokota parfaitement adaptée à une utilisation numérique.
Son argument est que les différentes possibilités offertes par l'application ne coïncident pas entièrement à l'utilisation d'un livre. Les baies et autres feuilles volantes qui se déplacent au contour du texte peuvent distraire le lecteur et ainsi nuire au texte. « Je me demandais si ces spécificités ne pourraient pas être désactivées dès la première lecture du livre ».
C'est une opinion qui rentre en résonnance avec celles des designers. Eux pensent que les auteurs et les créateurs doivent s'adapter pour s'inscrire dans la révolution numérique, Junko Yokota va encore plus loin en affirmant que les auteurs devraient savoir sur quel format il désire que le leur livre soit publié avant même de commencer à l'écrire. À partir de ce choix initial, les auteurs, encore plus les écrivains jeunesse, pourraient mieux s'ajuster aux contraintes en termes d'accès, de conception, d'édition ou même de contenu d'un livre.
S'adapter est une chose, mais profiter des nouvelles opportunités offertes par le développement des applications livres en est une autre. Les enfants sont passionnées par les ebooks. Mais cela pose d'autres contraintes aux auteurs. Désormais, ils ne sont plus seulement d'indépendants d'eux-mêmes, mais le sont aussi des créateurs et des designers qui mettent en valeur leur ouvrage. Le prix de la liberté.
Ken Niimura, hispano-japonais, vient d'être distingué par ces compatriotes qui ont décidé de lui décerner le 5e Prix international du manga pour la série I Kill Giants, l'histoire d'une petite fille perdue dans une vie de famille chaotique, et qui se perd dans un monde imaginaire bien plus commode.
I Kill Giants, l'oeuvre qui sera récompensée vendredi à Tokyo par le Prix International du manga, est une auberge espagnole tenue par Ken Niimura : sur un scénario de l'américain Joe Kelly (scénariste chevronné pour Marvel et DC), la série de 7 albums suit les pérégrinations d'une petite gamine tueuse de géants : « Elle a poussé son existence fictive un peu loin, et ne parle vraiment que des géants à tout le monde. Elle est convaincue qu'ils sont en marche et qu'elle seule peut les arrêter » explique l'auteur lui-même à l'AFP.

Le premier tome de ce Don Quichotte moderne a été publié en 2008 aux États-Unis, et a été choisi parmi 145 oeuvres provenant de 30 pays différents, dont 38 de Thaïlande, 21 de Malaisie et 16 de Chine. Niimura aura l'honneur de recevoir son prix des mains du ministre japonais des Affaires étrangères, Koichiro Genba. Le prix n'est pas doté, mais les auteurs lauréats auront la possibilité de séjourner 10 jours au Japon afin de rencontrer leurs confrères nippons.
Dans un courrier adressé à la députée européenne Marielle Gallo, l'Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation (IABD) tente de convaincre la femme de Max et surtout membre de la commission parlementaire « Affaires Juridiques » du Parlement européen de la justesse de leur point de vue en ce qui concerne les droits d'auteur. Un sujet maîtrisé par la députée, puisqu'elle est avocate de formation et s'est spécialisée sur les dossiers de propriété intellectuelle depuis son arrivée à Bruxelles.
Depuis l'ouverture du débat portant sur les ?uvres orphelines ou indisponibles ou épuisées, l'opinion de l'IABD n'a pas bougé d'un iota : les droits d'auteur, souvent complexes à faire respecter dans ces cas-là, passent après l'accession publique des ?uvres. En France, le débat est sur le point d'être institutionnellement clos depuis hier, mais il s'exporte à présent en Europe.
D'où il provient d'ailleurs. L'initiative française est la conséquence d'une recommandation de la Commission en 2006 sur la numérisation et l'accessibilité en ligne du matériel culturel et la conservation numérique.
Et selon l'IABD, le débat émigre et les problèmes aussi :
« L'objectif de la directive est d'apporter une solution à un problème concret. Mais dans sa version actuelle, elle traduit un souci du respect du droit d'auteur manifestement excessif, en mettant l'accent de manière écrasante sur la protection des ayants-droit perdus. Si les dispositions actuelles devaient être maintenues, il n'y aurait aucune avancée pour les établissements culturels. Et puisqu'il y a de fortes chances que le patrimoine culturel européen soit ainsi toujours inaccessible, la culture du 20e siècle restera ignorée des jeunes générations. »

Non. Contrairement aux idéees reçues, Rémi Sans Famille n'est pas une oeuvre orpheline.
Si l'on parle de ces 500 à 800.000 ?uvres indisponibles, l'IADB rappelle que « la valeur commerciale de chacun de ces fonds est nulle ou quasi nulle ». Ils contiennent :
- « des livres débattant des risques de voir une guerre éclater, publiés entre 1910 et 1913,
- d'enregistrements sonores de gens ordinaires, pris dans les actes de la vie quotidienne, pour garder une trace des dialectes régionaux du Danemark,
- de pamphlets politiques anonymes présentant des points de vue dissidents sur le régime communiste en Hongrie,
- le bulletin pédagogique d'un institut universitaire de technologie diffusé entre 1969 et 1982, sans mention d'auteur ni d'éditeur.»
Leur conclusion logique est que ces livres ne peuvent en aucun cas avoir un potentiel commercial intéressant et donc qu'il est impensable de voir paraitre une réédition. L'IABD explique : « Qu'il faille préserver les droits des auteurs de ces ?uvres orphelines, on en convient. Mais les mesures prises doivent être adaptées à la nature des documents trouvés dans une collection. »
L'IADB propose donc ses remèdes pour faciliter l'accès aux ?uvres, il propose :
« Une solution plus équilibrée soit adoptée, se traduisant très concrètement par les dispositions suivantes :
- La recherche diligente, un concept précieux, ne doit pas nécessairement être appliquée à chaque ?uvre (y compris aux ?uvres figurant dans l'?uvre elle-même,) mais être proportionnée à la nature des fonds que l'on entend numériser.[en France, cette recherche diligente s'arrête après dix ans]
- Les limites à l'usage commercial doivent être suffisamment flexibles pour autoriser le financement de projets de numérisation par des partenaires commerciaux.
- L'obligation d'enregistrer les recherches diligentes qui auraient été faites et les utilisations des ?uvres orphelines ne doit pas être détaillée de manière trop précise dans la loi.
- Lorsque l'utilisation d'une ?uvre orpheline est autorisée par un modèle contractuel déjà mis en place dans la loi d'un État membre, la directive devrait étendre cette autorisation à tous les autres États membres pour ce cas spécifique (une telle clause n'imposerait pas des solutions contractuelles à tous les États membres, mais elle éviterait de fragmenter le marché intérieur par des séries de licences contractuelles exclusives). »
On avait vu les députés et sénateurs français s'opposer au moins en partie à cette vision libérale de l'utilisation des ?uvres disponibles, il reste à voir si ces considérations ont plus d'impact à un niveau européen.
La société BML, par le biais de son programme Books and Consumers étudie le marché du livre britannique. Le site PRWEB a présenté un aperçu de l'étude qui sera intégralement dévoilée en mars. En 2011, la vente d'ebooks a compensé la baisse des ventes de livres papier, mais seulement en termes de volume. Pour les dépenses totales, c'est une autre histoire.
La période couverte par l'étude va de janvier 2011 à novembre 2011 et montre que les ventes de livres papier ont baissé de 4 % et de 6 % en ce qui concerne les dépenses, en comparaison de 2010. En intégrant le livre numérique dans le calcul, les ventes progressent de 0,4 % et les dépenses baissent de 3%. « Nous constatons une remarquable période de changement dans l'industrie du livre », a indiqué le directeur général de BML, Jo Henry.

En observant à la loupe les ventes d'ebooks par genres, Books and Consumers a établi qu'en 2010, les ventes de livres numériques de fiction pour adultes avaient progressé de 2,8% (mois de décembre 2010) et 12,5 % (mois de novembre 2011).
Les 60-75 ans : une catégorie de poids
La progression des ventes contraste tout de même avec le chiffre des dépenses totales. Étant donné le prix des ebooks, bas, les dépenses pour le livre numérique, toujours dans la catégorie fiction pour adultes, ne représentent que 7,1%.
En effet, les prix des ebooks a légèrement augmenté, mais de façon beaucoup moins significative que pour le livre papier. Il faut compter 3.39 £, en moyenne pour un livre numérique, 4.96 £ pour le livre de poche et 7.08 £ pour les livres reliés.
Plus surprenant, ce sont les 60-79 ans qui dépensent le plus pour les ebooks. Ils pèsent un quart du marché du livre numérique. L'étude sera présentée en intégralité lors d'une conférence le 29 mars.
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