Quand on possède plusieurs sociétés, rachetées par ses soins, soudain, le moindre mouvement devient un peu plus intéressant qu'il n'y paraît. Ainsi, que YouTube libère de l'espace et permet aux utilisateurs de pouvoir uploader jusqu'à 15 minutes de vidéos, on sait que Google est derrière.
Et comme le fait justement remarquer Galley Cat : tous les auteurs de la planète sont déjà en train de balancer leurs bandes-annonces de livres en profitant au maximum de la durée.
Ce qui n'enlève rien à l'initiative.
Non, au contraire. Mais depuis maintenant près de deux ans, des publicités sont intégrées aux vidéos de YouTube, proposant de se procurer l'oeuvre dont on consulte l'extrait directement via un lien iTunes. Le système a plutôt bien pris et fonctionne. En tout cas, c'est là une source de monétisation supplémentaire pour YouTube.
Sur leur blog, les gars de YouTube annoncent clairement la couleur : si vous voulez vos 15 minutes de gloire, façon Andy Warhol, on va vous les offrir. Littéralement. Il suffira en effet de publier sa vidéo, en ajoutant dans les mots clefs yt15minutes, et de la télécharger avant le 4 août. Date à laquelle quelques vidéos seront retenues par le grand jury YouTube.
Maintenant, quel intérêt pour le livre ? Si l'on peut envisager l'apparition de lectures d'ouvrages, ce n'est vraiment pas dans cette destination qu'il semble le plus pertinent de creuser. Non, voyons plutôt du côté de la BD. On gagne désormais 5 minutes de plus que ce qui était la précédente limite : pourquoi ne pas en profiter pour créer de véritables petits films d'animation, et envisager cette option comme une force pour la création ? Voir aussi cette expérience avec le Petit Prince.
15 minutes ce doit être le temps de lecture moyen pour une BD mainstream classique, grosso modo. De nouvelles opportunités s'ouvrent donc, autant qu'elles permettront à YouTube d'asseoir sa position et de capter l'attention du visiteur plus longtemps encore. Sur ActuaLitté, le temps moyen passé par visiteur est autour de 2 minutes 15. Avec des vidéos de 15 minutes, YouTube peut donc augmenter largement le temps passé sur ses pages, etc. Une croissance nouvelle pour la société rachetée par Google, donc. Et allez savoir quelle connexion pourrait désormais se faire avec Books...
Reste à savoir si la consommation de vidéos de 10 minutes et plus est significative, et pas retranchée à une part congrue...
Depuis le début d'année, la publication de livres numériques classiques s'accompagne d'éditions mêlant vidéos, photos, et documents supplémentaires. Parfaitement conçus pour les utilisations variées de l'iPad, ces ebooks ressemblent de moins en moins à de simples livres numérisés.
En plus de la couleur qu'apporte l'appareil d'Apple, les livres profitent pleinement de l'aspect tactique en reprenant plusieurs commandes à effectuer du bout des doigts. Alors qu'un léger effleurement de l'écran permettra de tourner les pages, tapoter une icône ou un lien se traduira par le lancement d'une vidéo ou d'une nouvelle fenêtre.
Au point que les maisons d'édition hésitent à lui donner un nouveau nom. Hachette a publié un ebook « enrichi » de David Baldacci, Deliver us from Evil, Penguin une version « amplifiée » des Piliers de la terre de Ken Follett avec force photographies de cathédrales, d'extraits de l'adaptation télévisée et d'une interview. Dernière du genre, Simon & Schuster proposera son Nixonland « augmenté ».
Aperçu d'un bonus de l'ebook les Pilliers de la Terre
Pour Molly Barton, directrice du développement financier de Penguin, « vous pouvez montrer aux lecteurs le monde autour des livres qu'ils sont en train de lire », et parle de ce nouveau mode de lecture comme un « monde largement ouvert ». Si l'on pourra estimer que ces ajouts sont de l'ordre du gadget, Simon & Schuster mise sur un effet allant au-delà du simple livre illustré. Toute une nouvelle technologie qui ne sera permise que par l'essor des tablettes, l'iPad en tête de file...
Parmi les 27 vidéos que compte l'ebook Nixonland, les développeurs ont intégré le célèbre débat entre Nixon et Kennedy de 1960. Et contrairement à l'avis de Jeff Bezos, l'implantation de vidéo est « modérée » et placée judicieusement afin de ne pas nuire au plaisir de la lecture selon Ellie Hirschhorn responsable numérique chez Simon & Schuster. Si « cela n'est pas approprié pour chaque ebook, cela l'était certainement pour celui-ci », estime-t-elle.
PDG d'une entreprise spécialisé dans ce développement multimédia, Brad Inman a annoncé qu'il travaillait déjà avec 25 éditeurs dans le but de créer ces livres interactifs. La dernière fois qu'une telle amélioration technologique avait été réalisée, le changement de support avait été nécessaire.
L'ebook serait-il à l'iPad ce que fut la VHS au DVD ?
Le P.D.G. de Microsoft Steve Ballmer a indiqué jeudi que la société était en train de travailler sur des tablettes équipées de Windows. Il a ajouté que les appareils « seront livrés dès qu'ils seront prêts ».
Il a aussi indiqué qu'ils ne seraient pas distribués par Microsoft mais par ses partenaires. S'adressant à des analystes financiers, il a expliqué que le but « n'est pas de simplement distribuer des produits, mais de distribuer des produits que les gens veulent acheter ».
À propos d'Apple et du succès de l'iPad, il a déclaré : « Ils ont vendu certainement plus que ce que j'aurais aimé qu'ils vendent ». Ballmer a cependant fait un parallèle entre cette situation et celle de l'arrivée des netbooks. À l'époque, beaucoup de ces appareils étaient équipés du système Linux et Microsoft ne partait pas gagnant.
Il a aussi précisé que l'OS des tablettes serait Windows 7 et qu'elles pourraient imprimer des documents.
Selon le P.D.G. de Microsoft ces tablettes devraient arriver bientôt mais il n'a pas pu préciser dans combien de temps.
L'Alliance internationale des éditeurs indépendants vient de prendre position sur un problème rencontré en Amérique latine, autour des tarifs postaux pour le livre. Dans un communiqué publié sur son site l'Alliance tire la sonnette d'alarme.
« Alertée par ses membres latino-américains de la remise en question et de la disparition progressive des tarifs postaux préférentiels pour le livre dans de nombreux pays d'Amérique latine, l'Alliance a, face à cette situation préoccupante, souhaité réagir en menant une action de plaidoyer.
Alors que les éditeurs indépendants latino-américains rencontrent des difficultés toujours plus grandes pour faire circuler leurs productions, l'existence de tarifs postaux préférentiels pour le livre représente en effet un enjeu décisif pour le maintien d'une indispensable bibliodiversité. »
Saisie par son réseau hispanophone en 2009, l'Alliance a donc entamé plusieurs procédures pour faire remonter un maximum d'informations. C'est d'ailleurs ce réseau, comptant des éditeurs membres directs, ainsi que des collectifs d'éditeurs qui est à l'origine du texte.
Or, il est évident que pour favoriser la circulation des livres, les services, la question des frais postaux se pose. Mathieu Joulin, de l'Alliance nous explique cependant qu'en fonction des pays, les situations ne sont pas du tout les mêmes. « En Uruguay, il existe une loi offrant un tarif préférentiel, mais elle n'est pas appliquée. L'envoi d'ouvrages à l'étranger devient hors de prix. De même, le Guatemala, lui, dispose également d'une loi, mais la remise accordée n'est pas du tout intéressante pour les éditeurs ni les libraires. »
Du bon tout de même, des pistes à suivre
L'un des exemples positifs est celui du Chili, où l'association Editores de Chile est parvenue à ce que perdure le système des Sacs M, permettant l'envoi groupé dans une limite de 30 kg, et pour lequel un véritable tarif préférentiel existe.
Cette solution rejoint la recommandation émise par le Cerlalc, de parvenir à une réduction de 50 % au moins, par rapport au tarif normal pour les envois nationaux et internationaux, dans le cadre du livre, sans prendre en compte la quantité d'ouvrages envoyés. (en savoir plus)
En France, poursuit M. Joulin, il existe un tarif préférentiel pour l'étranger, mais pas en national, alors qu'un tel dispositif est prévu dans quelques pays de l'Europe. « C'est une barrière très importante dans la diffusion du livre, et si le réseau hispanophone s'en est saisi, nous avons eu connaissance des mêmes problématiques autour de ces enjeux en Afrique. »
Pour l'heure, l'appel à été envoyé aux membres du réseau hispanophones, mais également à Cultures France, qui n'en a pour le moment pas fait mention sur son site internet. « Il revient maintenant aux éditeurs de faire remonter cet appel aux pouvoirs publics de leur pays, mais c'est une procédure qui prendra des mois avant que l'on ne voie quelque chose évoluer. » Le ministère des Affaires étrangères a également été informé de cet appel, mais les vacances, que voulez-vous...
Si vous souhaitez signer ce texte, il est possible d'adresser un message à lhugues@alliance-editeurs.org en précisant les données suivantes : Nom, Prénom, Institution, adresse mail.
Un jeune éditeur universitaire d'Édimbourg a multiplié ses revenus par 22 en remportant un contrat de première importance sur son ancien employeur.
Ancienne équipe de Leckie & Leckie, Bright Red Publishing a acquis les droits d'exploitation des annales du Scottish Qualifications Authority fin 2008, une transaction lucrative puisqu'il s'agit d'une institution qui organise divers concours en Écosse et notamment ceux d'entrée à l'université. Ce changement d'exploitation est une petite bombe dans l'édition puisque Leckie & Leckie disposait des droits depuis huit ans.
Exemple de publications proposées sur le site
Conséquence, le nouvel éditeur est passé en deux ans d'un panel de 12 ouvrages supplémentaires après son rachat, à un fond actuel de 80 nouvelles références. Une « surprise » pour l'ancien responsable de chez Leckie & Leckie, M. MacPherson. « C'était une bonne promotion de nous proposer pour l'acquisition des droits, mais nous pensions qu'ils considéreraient que nous étions une maison trop jeune. Nous avons été très heureux de découvrir que nous avions gagné le contrat. »
Avec une collection d'ouvrage autant augmentée, l'entreprise a décidé d'ouvrir le mois prochain un entrepôt à Kirkcaldy (région où se situe St Andrews). Malgré la progression de l'éditeur, et alors qu'elle commence seulement à faire du profit, MacPherson craint que les réductions budgétaires dans le secteur du public ne portent un coup à leur affaire.