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La petite danseuse de 14 ans (1865-1881)
La Petite Danseuse de quatorze ans (aussi intitulée Grande Danseuse habillée) est une sculpture d'Edgar Degas réalisée en cire entre 1865 et 1881. La sculpture représente une jeune ballerine (taille de 1 mètre) debout dans une attitude de repos, les jambes en dehors, les pieds formant la quatrième position classique, les mains derrière le dos, le buste dressé et la tête rejetée en arrière.
Colorée au naturel, coiffée de vrais cheveux, vêtue d'un tutu et de véritables chaussons, elle témoigne d'un hyperréalisme, d'un vérisme poussés à l'extrême. Présentée dans une vitrine à la manière d'un spécimen de museum, elle révèle un Degas presque anthropologue ou naturaliste. Les critiques ne s'y trompèrent pas : l'oeuvre fut violemment accusée de représenter la fillette de manière bestiale ; on la compara à un singe ou un aztèque ; on lui trouva un visage "où tous les vices impriment leurs détestables promesses, marque d'un caractère particulièrement vicieux". Degas poussait ainsi à bout la logique du réalisme, si en vogue par ailleurs, en dépeignant sans fard ni hypocrisie, de manière quasi scientifique, la société de son temps. L'édition en bronze qui fut faite après sa mort, dont la statuette du musée d'Orsay est un exemplaire, tenta de préserver au mieux les caractéristiques de la cire. La cage de verre est le seul élément voulu par Degas lui-même, affirmant le statut d'oeuvre d'art de la Danseuse.
Son modèle est Marie van Goethem, fille d’immigrés belges qui vit à Paris avec sa mère, veuve, et ses deux sœurs, l’aînée Antoinette et la cadette Louise. Marie entre à l’école de l’Opéra à l’âge de treize ans, en 1879, mais se fait renvoyer quatre ans plus tard pour avoir manqué onze cours ; à dix-sept ans elle a déjà mauvaise réputation, pose pour des peintres et se prostitue. 27 copies en bronze de la Petite danseuse de 14 ans seront réalisées entre 1920 et 1950. Un bronze, fondu en 1930, est conservé à la National Gallery of Art de Washington. Le Musée d’Art de Philadelphie en détient un aussi, depuis 1956. Et un autre tirage en bronze, daté entre 1921 et 1931, est conservé au Musée d’Orsay.
"De même que certaines madones maquillées et vêtues de robes, de même que ce Christ de la Cathédrale de Burgos dont les cheveux sont de vrais cheveux, les épines de vraies épines, la draperie une véritable étoffe, la danseuse de M. Degas a de vraie jupes, de vrais rubans, un vrai corsage, […] les cheveux retombant sur l’épaule et arborant dans le chignon orné d’un ruban pareil à celui du cou, de réels crins, telle est cette danseuse qui s’anime sous le regard et semble prête à quitter son socle." "Statue, idole, modèle ethnographique, expression du réalisme scientifique" d’un Degas, passionné par Darwin, La Petite Danseuse est tout cela à la fois et bien plus encore. Joris-Karl Huysmans.
Source: Musée d'Orsay.
Gabrielle d'Estrées au bain (1595)
Depuis la fin du XVI ème siècle, soit depuis plus de quatre cent ans, il fascine tous ceux qui regardent ce drôle de tableau. Tout d'abord, si elles sont nues, c'est parce qu'elles prennent leur bain. Mais, ce n'est pas un bain ordinaire. Deux grands rideaux rouges s'ouvrent sur la scène, un peu comme si l'on était au théâtre. Le peintre, dont on ne connait pas le nom, nous indique ainsi qu'il s'agit de deux dames importantes. Et en effet, la blonde est Gabrielle d'Estrées, grand amour et favorite du roi de France Henri IV. Quant à la brune, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, c'est sa petite soeur, Julienne la duchesse de Villars. On ne sait pas avec certitude pourquoi la cadette pince de façon aussi provocante le sein de son ainée. Mais on en a une petite idée: par ce geste, Julienne suggère que sa soeur est enceinte du roi. Et que son sein va bientôt nourrir un bébé princier. Elle a donné naissance en juin 1594 à César de Vendôme, un garçon présenté comme un enfant qu'elle aurait eu d'Henri IV.
A la Renaissance, on adorait les toiles mystérieuses, avec des énigmes que le spectateur se faisait un plaisir de déchiffrer. Regarder la femme vêtue de rouge (une dame de compagnie), à l'arrière plan. Le peintre ne l'a pas mise là par hasard. Elle est en effet en train de coudre des langes pour un bébé, une allusion à la grossesse de Gabrielle d'Estrées. Dans le tableau, un autre indice évoque l'amour du roi Henri IV pour la jeune femme... il s'agit de la bague, symbole de fidélité, qu'elle tient dans sa main gauche. En opposition avec le morceau de tableau à l’arrière plan, où l’on voit un homme (Henri IV ,) les cuisses ouvertes, qui la renvoie à son statut de simple favorite, c’est-à-dire l’objet des plaisirs du roi, voire la courtisane. Henri IV était fou d'amour pour cette blonde à la peau de porcelaine, qui lui donna trois enfants. Il voulut même l'épouser, mais ce projet fit scandale à l'époque, car le roi était déjà marié à la Reine Margot. La belle Gabrielle apparaît dans deux autres peintures, mais celle-ci est la plus célèbre.
La "presque reine", qui attendait que le roi Henri répudie sa femme officielle, Marguerite de Valois, eut trois enfant de lui et mourut avant sa trentième année, enceinte du quatrième en 1599. Ce tableau (huile sur bois, 96x125cm) a été peint par un anonyme, mais le musée du Louvre, où il est conservé, l'attribue à un peintre de l'Ecole de Fontainebleau. Il fait parti des collections de musées de France.
Source: Arts Magazine.
Vanitas - Robe de chair pour albinos anorexique (1987)
Robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak ressemble vu de loin à une vieille robe faite de vieux morceaux de cuir ou de vieux chiffons usés... Mais lorsque l'on s'approche, on peut voir que ce sont des morceaux de viandes cousus qui la composent ou la décomposent, au choix. Le titre de la robe est très énigmatique et bizarre, la vanité dans cette oeuvre représente sûrement le temps qui passe (jeunesse/vieillesse, fraîcheur/pourriture, vie/mort), son effet inexorable sur les corps qui se décomposeront et disparaîtront...
De plus l'utilisation de vrais morceaux de viandes a provoqué plus d'un scandale, plus d'une personne aurait bien aimé les faire griller ces tranches de boeuf ou en faire don à des associations caricatives, c'est vrai que tout cela n'est pas très moral, il faut quand même 20 kg de viande pour réaliser ce vêtement "original". Et de la bonne viande avec le moins de gras possible pour éviter les rayures blanches, ça serait indécent. Surtout que cette oeuvre a été financée grâce à de l'argent public pour permettre à des "bobos" de crier au génie devant un tas de viande se décomposant, pendant qu'au même moment des personnes n'avaient rien à manger.
Cette robe est pour moi dégoutante, laisser des tranches de boeuf pourrir sur un mannequin de couturier en bois, je ne vois pas ou est lard, euh l'art... La viande sèche au fil des jours, se noircit, on dirait de la vieille viande d'un mauvais kebab, ça passe du rouge vif à une couleur marron style vieille momie égyptienne. C'est dégueu, en plus moi qui suis assez maniaque avec les dates limites de consommation des produits, je ne peux cautionner ce genre d'oeuvre. Apparamment, la robe ne sent pas trop (c'est déjà ça), elle est ensalée pour empêcher la putréfaction, l'apparition de vers "viandovore" les évanouissements et les vomissements des "bobos de l'art" devant ce bout de l'art, euh de lard...
D'ailleurs, c'est tellement BOBO que Lady Gaga a régurgité le concept lors des MTV Vidéo Music Awards le 12 septembre 2010. Sa robe en viande a créé le scandale mais surtout le buzz médiatique, un geste sans aucune portée autre que la provocation gratuite d'une chanteuse pop qui cheche juste à faire parler d'elle. Au moins dans l'oeuvre originelle, il y a quand même une idée, un concept, auquel je ne suis pas du tout sensible, je n'y touve rien d'artistique à part peut-être le beau discours qu'il y a autour de cette "robe" pour la faire passer pour une oeuvre d'art et inviter à une certaine réflexion. Et ce qui me chiffonne aussi un peu, c’est que le grand public va associer "robe en viande" à Lady Gaga en lui accordant sans aucun doute la maternité de l’idée.
"Vanitas a fait scandale au Canada, mais a rencontré un grand succès partout ailleurs et elle est sans cesse copiée ! Je crois que c’est une œuvre assez réussie – si je peux me permettre de dire cela – car elle se prête à quantité d’interprétations, depuis le non-respect des animaux élevés pour leur viande jusqu’au vieillissement et à la mort des individus, en passant par les rituels de possession, etc. Vanitas pourrait également évoquer les changements que le temps imprime à la perception des œuvres. Le jour du vernissage, quand on expose la robe, la chair est crue. Puis, la viande sèche et commence à ressembler au cuir ; elle devient alors acceptable. Cela est aussi vrai pour les artistes". Jana Sterbak.
Le Christ et la chaise électrique (2009)
Le Christ et la chaise électrique de Peter Fryer, est une œuvre qui a été exposée dans la cathédrale de Gap en 2009, et qui a suscité de vives réactions au sein de la communauté catholique du diocèse. Le Christ en cire est assis les bras étendus de chaque côté d’une chaise électrique en bois et porte sur la tête de véritables cheveux humains et une couronne d’épines.
Monseigneur Di Falco qui était à l'origine de cette démarche artistique et spirituelle, explique ainsi les raisons pour lesquelles il a voulu que cette oeuvre soit exposée dans l'antre de sa cathédrale à la place du Christ sur sa croix: "Je me suis demandé pourquoi je n'avais pas la même émotion devant un crucifix, peut-être l'habitude ". Et "s'il y a scandale pour certains, il n'est pas là où ils le pensent ! Le scandale, c'est notre indifférence devant la croix du Christ". C’est un scandale pour certains paroissiens que de perdre l’image traditionnelle du Christ sur son crucifix.
Je trouve cette oeuvre très intrigante et aussi gênante que le Christ crucifié sur sa croix, je me suis toujours senti mal à l'aise face à lui, pourtant je ne suis pas croyant...Donc je suis aussi touché par cette représentation de la souffrance du Christ, dans les deux cas il est de toute façon condamné à mort, seule la manière diffère. Peter Fryer remet une image sacrée dans le contexte actuel, pour moi il n'y a rien de provoquant, juste une mise en abîme de la souffrance originelle transposée dans notre monde contemporain. Cette représentation a au moins le mérite de nous questionner sur notre rapport à la Croix, objet finalement tellement courant qu'il ne dérange plus, qu'il n'est plus ce "scandale pour les juifs, cette folie pour les païens."
Cette "Pieta" rappelle aussi que la peine de mort est en vigueur dans de nombreux pays. Sauf que les milliers de victimes souvents innocentes comme monsieur Troy Davis, n'auront pas la chance eux de ressusciter, mais peut-être que son sacrifice permettra de sauver des hommes, et pourquoi pas l'Humanité ?! Quand je vois ce Christ, je pense à Davis sur sa chaise abandonné par le système, l'Histoire se répète et se répétera sûrement encore...
"Si le Christ était mort sur la chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise autour du cou". Serge Gainsbourg.
One Day Will No Longer Be Loved XIII (2008)
Pour les fans d’humour macabre et d’humour anglais, voici les frères Jake et Dinos Chapman. Ces deux quinquagénaires britanniques provoquent avec une série de portraits de facture traditionnelle (style victorien) dont ils détournent les règles pour mieux les railler. Ils s’amusent à les défigurer de multiples manières (lacérations, cicatrices, organes internes apparents…) ce qui donne des visages effrayants et grotesques.
J’aime beaucoup cette idée de s’inspirer des concepts pour mieux les détourner et ça me fait aussi penser au livre que je suis entrain de lire en ce moment : Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde. C’est vrai quand regardant ses tableaux, on a vraiment l’impression que leurs visages se décomposent, sous le poids d’un terrible secret peut-être…